Un sujet sacré

Publié le par Daniel Racine


© Alliance Vivafilm

Ça y est! J'ai enfin écrit ma critique de Polytechnique de Denis Villeneuve. Ai-je aimé ça? Oui mais sans plus. Pour vous répondre franchement, je ne comprends pas toutes les étoiles (souvent quatre, quatre et demi et même des cinq étoiles) associées à cette "reconstitution" du pire drame de ce genre au Québec. Comme si nous devions absolument crier au chef d'oeuvre et être vraiment épaté du résultat final. Comme si nous avions peur d'avoir une opinion inverse à la masse. Comme si devant l'autel de notre histoire nous étions obligés de nous agenouiller. Avez-vous lu sujet sacré quelque part? Voici ma critique (j'attends vos commentaires).

Publié dans Critiques

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Josiane Dostie 19/03/2009 00:42

Tout d'abord, je dois avouer que je n'ai pas vu le film quoique ce n'est pas l'envie qui manque. Seulement, lorsqu'est venu le temps de passer au cinéma, je me suis laissée tenter par le film couronné d'un Oscar, Slumdog Millionaire.
Enfin bref, passons.
Votre critique est fort intéressante même si, sans avoir vu le film, j'ai un avis différent à certains niveaux.
En effet, alors que vous voyez un aspect négatif dans l'anonymat de Marc Lépine, je vois l'inverse. Je trouve frustrant que, dans tous les massacres de ce genre, le nom du meurtrier soit davantage connu que celui des victimes. À mes yeux, il s'agit de lui donner une importance qu'il ne mérite pas. Quel meilleur moyen de marquer l'histoire que d'être l'auteur d'une tuerie? Ce type de célébrité me dégoûte. Cela aurait été un trop grand honneur que de mettre son nom dans un film, quel qu'il soit.

Daniel Racine 19/03/2009 22:08


Bonjour Madame Dostie et merci pour votre commentaire.

Concernant l'absence du nom de Marc Lépine au générique, c'est le fait que le scénariste et le réalisateur utilisent tels quels ses mots au début du film qui me dérange. Si vous ne voulez pas
mettre son nom dans votre oeuvre, ne faites pas lire sa lettre intégralement par le personnage qui le représente dès les premières minutes. Inventez un autre texte mais de grâce si vous prenez les
mots de Marc Lépine il est normal de voir son nom (maudit pour tant de personnes) à la fin.

J'aimerai tellement que l'histoire se souviennent des victimes mais ce sont toujours les bourreaux qui laissent leur nom dans la mémoire collective. Avec POLYTECHNIQUE, Denis Villeneuve a
maladroitement tenté de corriger cela. Il a réussi à moitié.

Merci de me suivre !

CQC


Nicolas Martel 06/03/2009 03:47

J'ai fait partie d'un visionement de groupe dans le cadre d'un cours de cégep et nous avons pu discuter amplement du film.

Ayant a peine un an majoritairement durant les évènements relatés par le film , nos avons vu le film d'un oeil différent. Tout le monde dans notre groupe ont été profondément marqué par le contenu autant dans la forme que par le fond. Dans le film on s'attarde a l'humain, on nous présente deux types d'hommes et une femme et leur point de vue et actions durant cet évènement. Le fla fla médiatique autour , on s'en fout un peu, ce n'est pas le sujet du film.

j'ai les idées encore confuses alors j'écrirai plus quand le tout sera clarifié

Daniel Racine 08/03/2009 21:36


Merci de votre commentaire Monsieur Martel.

C'est sûr, le fait d'avoir ou non vécu les événements, de proche ou de loin, change l'implication du spectateur. Vous aviez un an et j'en avais 16, à seulement 2 ans de mon entrée à l'Université.
En 1989, je me souviens clairement d'avoir passé la journée devant le téléviseur à attendre les détails qui n'arrivaient pas. De là l'importance des médias dans mes souvenirs et ceux de tant
d'autres. Ce n'était vraiment pas du "fla fla" comme vous le dites, mais bien le début de l'ère des nouvelles en continues. Le seul problème, c'est que les infrastructures pour une couverture aussi
complète n'était pas encore installées. J'avoue que ce n'est pas directement le sujet du film mais c'est ce qui vient à la mémoire de plusieurs d'entre nous qu'en nous pensons à ce 6
décembre.

Merci de me suivre !

CQC


Martine 05/03/2009 20:10

Intéressant point de vue. J'ai été surprise de constater que, quelques heures après la sortie du cinéma, je n'ai plus repensé au film. Ma réaction dans l'heure qui a suivi le visionnement a été d'aller voir les témoignages et le traitement des journalistes dans les archives visuelles de Radio-Canada disponibles sur le Web. Le témoignage réel d'une des survivantes est ce qui m'a le plus touchée, mais j'ai oublié assez rapidement le film malgré l'intensité de son sujet.

Ceci étant dit, j'aurais eu peur de m'attaquer à ce sujet en tant que scénariste. Pas évident! Ça risquait d'être trop sentimental, ou, à l'inverse, trop dégagé. Je préfère dans ce cas-ci la distance à un excès de sentimentalisme ou à une réappropriation excessive des évènements.

Daniel Racine 05/03/2009 23:26



Merci de votre commentaire. Très intéressant le point que vous amenez. J'ai également oublié rapidement le film après ma sortie de la salle. Toutefois, durant la séance j'étais sur le bout de mon
siège, jamais certain de voir revenir "le tueur". Je me sentais comme dans un suspence. Mais est-ce normal de penser ainsi quand on regarde un long-métrage qui est supposé rendre hommage aux
victimes? Poser la question c'est y répondre.

Merci de me suivre !

CQC