Femmes aux bords de la crise de nerfs

Publié le par Daniel Racine

Honnêtement, connaissez-vous beaucoup de réalisatrices de fiction au Québec ? Mis à part Léa Pool et Micheline Lanctôt (qui ne tourne pas si souvent que ça), très (trop) peu de femmes dirigent les plateaux de tournage au Québec. La discussion concernant ce sujet brûlant d'actualité (voir le texte d'Helen Faradji ici, de Richard Martineau ici, celui de Marc Cassivi ici et finalement celui de Marc-André Lussier ici) a levé d'un ton suite au 5 @ 7 Fiction au féminin: c'est quoi le problème? durant les RVCQ et à la publication récente d'une lettre des réalisatrices équitables adressé à la ministre de la culture du Québec, Christine Saint-Pierre. Tout le monde reconnaît qu'il n'y a pas assez de réalisatrices en fiction mais doit-on imposer des quotas pour autant?

J'étais présent au 5 @ 7 et, en voyant le lendemain, que sur les neuf projets acceptés par la SODEC aucun étaient accordés à une femme, je vous avoue avoir été désagréablement surpris. Téléfilm a fait de même peu de temps après en donnant le feu vert à sept hommes. Très difficile de savoir quoi penser de cette situation. Tout au moins, il y aurait dû y avoir un minimum de projets de jeunes réalisatrices retenues. Mais doit-on choisir un film pour la personne qui le fait ou pour l'histoire (le scénario) qu'elle nous propose? Pour ma part, je ne choisis jamais un long-métrage en fonction du sexe de la personne derrière la caméra. Pareil pour un livre, un cd, une pièce de théâtre, un pain à ma boulangerie ou une coupe de cheveux. L'important c'est la qualité du "produit". Et au cinéma c'est une histoire ou l'expérience cinématographique qui compte, rien d'autre. Pas de savoir si c'est un homme ou une femme. 

Selon moi, les quotas ne sont vraiment pas une solution viable. Il faut revenir à la base, l'éducation. Donner le goût aux jeunes filles d'oser l'aventure de la fiction au cinéma. Leurs fournir les outils nécessaires pour qu'elles soient aussi compétitives que les hommes. Quelles prennent leurs places et non que nous leurs en promettions une. C'est là toute la différence qui rendra le milieu du cinéma vraiment équitable.

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Fredesk 14/04/2009 08:24

Ça se passe chez nous au Québec, cette discussion sur le sexe des anges ? fiouuu... :o)
Incroyable le temps que les gens perdent à ne pas écouter le gros bon sens qui se cache en eux !

Merci Daniel Racine de m'avoior fait sourire un peu ce matin. :o)

Daniel Racine 15/04/2009 22:43



Merci de votre commentaire Fredesk.

Je suis d'accord avec vous, il est triste de voir qu'une situation comme celle-ci est lieux chez-nous en 2009. Heureusement, le vent semble vouloir tourner. La victoire récente aux Jutra de Lyne
Charlebois comme meilleure réalisatrice prouve qu'il y a de la place pour les femmes dans ce milieu majoritairement masculin. Il faut désormais poursuivre avec cet élan, tant dans les écoles de
cinéma qu'auprès des institutions gouvernementales.

Merci de me suivre !

CQC