Faire la vague

Publié le par Daniel Racine


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(de gauche à droite sur la photo: Anaïs Barbeau-Lavalette, réalisatrice du film Le ring; Henry Bernadet et Myriam Verreault, réalisateurs du film À l'ouest de Pluton; Simon Lavoie, réalisateur du film Le Déserteur; l'animatrice Marie-Louise Arsenault; Denis Côté, réalisateur, entre autres, d'Elle veut le chaos et de Carcasses; Maxime Giroux, réalisateur du film Demain; Rafaël Ouellet, réalisateur des films Le cèdre penché et Derrière-moi; et Stéphane Lafleur, réalisateur du primé Continental un film sans fusil)

Les étiquettes, les gens aiment ça les étiquettes. Lorsqu'un groupe de personnes, avec un point commun (dans ce cas-ci d'avoir grandi dans les années 80), commencent à  produire à la même époque, les médias tentent par tous les moyens de les regrouper, des les unir, d'en faire un tout. Et nous avons eu la preuve, durant le 5 @ 7 La nouvelle vague québécoise hier aux RVCQ, que souvent cela sonne terriblement faux.

Sur le panel, Stéphane Lafleur a donné le ton en affirmant qu'il trouvait qu'il y avait absence de thème pour ce 5 à 7. Il n'avait pas tord. Oui, la grande majorité des jeunes cinéastes présents ont seulement un film à leur actif (mis à part Côté et Ouellet), mais y-a-t-il vraiment des affinités entre le cinéma de Simon Lavoie et celui de Denis Côté? Où était les Simon Sauvé (l'excellent Jimmywork) et  Sophie Deraspe (Rechercher Victor Pellerin), beaucoup plus proche de quelques cinéastes présents volubiles (le trio formé de Ouellet, Giroux et Côté) que d'autres totalement muets (Anaïs Barbeau-Lavalette se sentait justement comme une intruse sur ce plateau).

S'il y a une vague présentement, c'est chez le trio mentionné ci-haut. On sent chez ces trois réalisateurs un besoin de défendre un certain type de cinéma, souvent exigeant, qui implique directement le spectateur dans l'oeuvre finale. Rafaël Ouellet a même affirmé "si un film ne provoque pas, il sert à rien". Denis Côté cherchent qu'en à lui, "des spectateurs actifs". Et Maxime Giroux est prêt "à se battre pour le grand écran". Pouvons-nous en dire autant des autres cinéastes présents ?

Autres différences frappantes de ce demi-lune d'invités, les modes de financement de chacun. Encore une fois, le trio de Ouellet, Giroux et Côté se distinguent, utilisant vraiment des chemins moins fréquentés (le cas extrême étant pourtant le long tournage d' À l'ouest de Pluton). Recevant le stricte minimum des institutions gouvernementales (ou parfois rien), ils tournent pourtant davantage que Stéphane Lafleur ("Denis Côté a eu le temps de faire 4 films pendant que je faisais le mien" a-t-il lancé sans gêne).

Il est encore beaucoup trop tôt pour réunir sous un même titre de jeunes cinéastes (souvenez-vous de la gang du film Cosmos? Combien se sont vraiment distingués mis à part Denis Villeneuve?). Laissons le temps passer, pour polir le nouveau paysage cinématographique, où certains noms disparaîtront et d'autres rejailliront sur le dos d'une vague qui ramassera bien des éloges sur son passage.

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Antoine 02/03/2009 22:31

Merci pour ce compte rendu, je me demandais justement comment ça avait pu se dérouler. Je suis étonner de lire que Myriam Verreault n'a pas plus participé au débat que ça. Elle avait pourtant beaucoup de choses à dire avant et après la projection de son film.

Daniel Racine 03/03/2009 14:47



C'est un grand plaisir de pouvoir partager avec vous. Il y avait probablement trop d'invités sur le panel. Et l'animatrice ne semblait pas avoir autant de "contrôle" sur les jeunes loups à sa
gauche (Côté, Giroux et Ouellet). Dommage car le rôle d'un animateur est justement d'aller chercher les plus silencieux.

Merci de votre commentaire et de me suivre !

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