Ciné-Québec : quand le cinéma rime avec résultats

Publié le par Daniel Racine


© Erod communications

C'est aujourd'hui jeudi le 29 janvier que se termine le rendez-vous annuel de tous les intervenants du cinéma québécois (propriétaires de salles, distributeurs, producteurs, réalisateurs, comédiens, institutions, alouette). S'inspirant d'événements similaires dans lesquels excellent les américains, cette rencontre permet de faire un retour sur l'année précédente et surtout de se projeter dans celle qui commence.

Contrairement aux Rendez-Vous du Cinéma Québécois où les artisans parlent de l'art cinématographique, à Ciné-Québec les "décideurs" jasent plutôt de chiffres liés à l'industrie du cinéma. Nuance importante pour bien saisir les enjeux derrière ce sommet. C'est là que se fait l'analyse du box-office de l'année 2008 et les promesses d'entendre davantage les tiroirs-caisses sonnés en 2009; C'est là que le cinéma rime définitivement avec résultats.

Bien sûr, je ne dénigre pas cette initiative dont le but est de réunir l'ensemble du milieu cinématographique du Québec et de faire le point sur la situation de cette industrie. Cela permet aussi d'informer sur les nouveautés à venir et de créer des buzz sur certains films. Tout ça, je le concède, est désormais nécessaire pour la santé du cinéma d'ici. Là où j'ai de la difficulté, c'est lorsque j'entends plusieurs voix se lever et qu'elles assurent un meilleur rendement des performances aux guichets cette année, comme si la qualité de notre 7e art se justifie uniquement par des dollars. Oui 2008 a été une année moins faste au box-office et les oeuvres ne semblaient pas attirer autant l'attention des masses. Mais 2008 reste encore à mes yeux une bonne année de productions dans notre cinéma. Plusieurs excellents "petits" films ont pu nous séduire sans que nous ayons besoin de nous bousculer à l'entrée. Est-ce vraiment une mauvaise chose dans un domaine financé en grande partie par nos fonds publics ? Tout le monde le sait, le cinéma québécois est rarement rentable. Alors pourquoi doit-on absolument mettre les chiffres avant les émotions, les pertes avant les histoires racontées ?

Tant mieux si notre cinéma récupère des spectateurs en 2009. J'avoue que le menu est franchement alléchant. Je ne doute pas que le bilan en fin d'année affichera un + plutôt qu' un - pour les entrées en salles. Tant que nos blockbusters n'écraseront pas nos films d'auteurs, tant que nos vedettes n'éclipseront pas les nouveaux-venus, tant qu'il y aura une bel équilibre (février et mars 2009 en sont un bel exemple), vivement Ciné-Québec.

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