Le bonheur est à Percé...à moins 30 degrés !

Publié le par Daniel Racine

2000 km de route, 25 heures 30 de paysages en mouvement, Montréal-Percé-Montréal. Une folie, une vraie, une belle fin de semaine pour La 2e nuit du cinéma à Percé. Avec un thermomètre vraiment timide de montrer son mercure, la table était mise pour un banquet d'images, de rencontres et de frissons (le mot est faible !).

 
À droite, le grand manitou, François Cormier
© CQC


Le grand chef de cette soirée, le sympathique et dynamique François Cormier (directeur général et artistique, programmateur du Festival Les Percéides), nous avait concocté avec son équipe un menu varié et solide, parfait pour défier les humeurs cinglantes de Dame Nature. Et selon vous, combien de convives se sont présentés pour partager ce festin sous les étoiles gelées dans le firmament ? Une dizaine ? Une trentaine ? Une cinquantaine ? Vous sous-estimez la chaleur des gaspésiens... plus de 300 personnes ont répondu à l'invitation, prouvant plus que jamais que le cinéma, cette lumière animée, réchauffe l'âme et rassemble les coeurs.


Cinéphiles téméraires devant Next floor
© CQC

Comme hors-d'oeuvre, nous avons dégusté le très primé Next floor de Denis Villeneuve suivit immédiatement après du 1er court documentaire de deux jeunes réalisateurs prometteurs, Geneviève B. Genest et Nicolas Martel, Penser en amontFier descendant des pères du cinéma direct, mon coup de cœur de la soirée revient à ce portrait touchant et débordant de sagesse, d'un homme plus grand que nature, Daniel St-Pierre. Ce paysan au pied marin du Bic, à la puissance d’un Hauris Lalancette d’Abitibi ou l’humanité d’un Léopold Tremblay de l’Île-aux-Coudres, deux géants des films de Pierre Perrault. D’une simplicité audacieuse et rafraîchissante au niveau de la forme (car rares sont les apprentis réalisateurs qui osent aujourd’hui laisser toute la place à leur sujet sans tomber dans les « effets » inutiles qui diluent leur propos), les deux rimouskois nous mettent l’eau à la bouche, nous donnant le goût de jaser et d’écouter davantage ce personnage vivant. Et vous savez quoi, la beauté de cette nuit du cinéma, c’est justement de croiser Monsieur St-Pierre et Nicolas Martel, et de siroter un vin chaud en leur compagnie. Ces rencontres permettaient aussi d'entrer de longues minutes pour remercier nos orteils d'avoir tenu le coup sous ce froid vorace.


La potion magique, le vin chaud !
© CQC


Belle ambiance de fête.
© CQC

Pendant que les films se donnèrent la main sur le mur blanc de la Neigère (ce vieil entrepôt historique dont les principaux "locataires" étaient les morues pêchées dans la mer à ses pieds) nous, cinéphiles téméraires, valsions de l'extérieur à l'intérieur, des foyers au vin chaud, avec nos 4 épaisseurs de manteaux, nos 4 couches de pantalons, notre sac de couchage sur notre chaise et notre unique paire de bottes. Et c'est là que le froid s'est installé, devenant propriétaire de nos semelles. Nous avions beau danser, sauter, mettre les pieds contre les chaufferettes, glisser des hot pads dans nos bottines, rien à faire contre la présence de ce virulent maître des lieux. Mais cela n'a pas affecté notre bonne humeur, notre joie de crier "présent", de revoir de bons amis et de s'en faire d'autres, d'avoir vraiment vécu une nuit de bonheur à Percé.


Sortez votre sac de couchage !
© CQC

Court vidéo qui montre les lieux

*******************************************************************************************************************************

Notes de voyage

- Bravo à toute l'équipe du Festival Les Percéides pour cette soirée réussie et mémorable. À vivre au moins une fois dans sa vie.

-  Très bonne idée de miser sur les courts-métrages dans des conditions aussi extrêmes. Ma copine et moi n'avons pas réussi à nous rendre au plat principal, le succulent Atanarjuat: la légende de l'homme rapide de Zacharias Kunuk. Y-a-t-il des surhommes et des surfemmes qui ont vu le film en entier ?

- Très bons choix de films. C'est plutôt rare une programmation où un film didactif de l'ONF (Comment construire votre igloo de Douglas Wilkinson) côtoie si bien un court-métrage génial sur un homme 91cm à côté de lui-même (Skhizein, loin de moi de Jérémie Clapin).

- Vin chaud, jus de pomme chaud et maïs soufflé ont dégelé les plus gênés présents, créant ainsi une ambiance chaleureuse propice aux échanges. 

- Vous devinez que les projecteurs n'étaient pas dehors. Voici leur cachette:


Antre de lumière
© CQC


Les projecteurs bien au chaud !
© CQC

- Suggestion pour l'an prochain: installer une estrade pour nous éviter d'avoir les pieds directement au sol. Solution ? Pas certain mais bon, l'idée est lancée.

- Merci aux propriétaires de L' Hôtel-Motel La Côte Surprise à Percé pour leur excellent service et leur accueil lumineux. Confort assuré !


La bonne adresse à Percé !
© CQC


- La Gaspésie l'hiver, c'est beau ! En voici la preuve :


Le rocher gelé
© CQC

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Amélie 26/01/2009 01:17

Ton "post" est vraiment inspirant. J'ignore si c'est l'idée d'une nuit blanche sous les étoiles à Percé, le fait de partager un mercure aussi incroyable avec 300 témoins, d' écouter des films québécois toute la nuit ou bien de faire 2000km en moins de 2 jours ... mais ça donne envie d'y aller :)

Daniel Racine 27/01/2009 21:59


Merci beaucoup de votre commentaire positif. J'avoue, il faut faire l'expérience au moins une fois dans sa vie.

Merci de me suivre.

CQC