État de choc : l'Ex-Centris change de vocation

Publié le par Daniel Racine

Personne ne l'avait vu venir celle-là: le célèbre centre Ex-Centris sur la rue St-Laurent à Montréal change de vocation. Dès la fin mars, les trois salles de cinéma serviront uniquement, ou presque, à des événements corporatifs. Comment est-ce possible ? Pour tous les cinéphiles de la région métropolitaine qui s'intéressent à autres choses que les gros cannons américains, cette nouvelle bouleverse, enrage, désole et inquiète.

 

© Daniel Racine

Oui, ce matin je m'inquiète. Je m'inquiète du cinéma québécois d'auteur qui avait enfin trouvé sa niche, à la salle Parallèle surtout mais aussi dans la Fellini et la Cassavettes. Plusieurs des films d'ici les plus audacieux, rafraîchissants, originaux et marquants, ont eu une sortie en salle principalement à l'Ex-Centris. Où iront désormais les films de Denis Côté, Rafaël Ouellet, Sophie Deraspe, Robert Morin, Anaïs Barbeau-Lavalette et tant d'autres cinéastes du Québec qui osaient tourner autrement ? Sera-t-il possible encore de voir sur grand écran des oeuvres hors-normes comme Jimmywork de Simon Sauvé ou des compilations de courts-métrages expérimentaux de Karl Lemieux ?

Sur leur site, l'Ex-Centris se définit clairement comme le lieu du cinéma québécois indépendant. Et qui ose affirmer une telle chose s'attend à vivre parfois des périodes un peu plus difficiles. Mais semble-t-il, ce n'était même pas le cas. Les salles étaient occupés à plus de 25% de leur capacité. Alors, pourquoi ? Pourquoi Monsieur Langlois ? N'aviez-vous pas fait un cadeau à Montréal "du plus beau centre de cinéma au monde" (selon le réalisateur allemand Wim Wenders, un habitué du Festival du Nouveau Cinéma qui s'y tenait chaque automne). N'avez-vous pas les reins assez solides pour traverser la première crise venue ? Et le plus difficile à digérer, c'est la décision de rester ouvert mais de changer de vocation, du cinéma aux corporations... de la culture à l'argent.

Il est beaucoup trop tôt pour mesurer les conséquences de cette décision. Mais une chose est certaine, elles seront nombreuses. Le cinéma Parallèle, toujours jeune malgré sa quarantaine, devra déménager; le Festival du Nouveau Cinéma se chercha un nouveau toit; les nouveaux médias iront pratiquer leur audace ailleurs; et de nombreux cinéastes québécois espèreront toujours pouvoir innover et ensuite présenter le fruit de leurs efforts sur d'autres écrans dits "de répertoire" (le Cinéma Beaubien vient automatiquement en tête, tout comme le Cinéma du Parc. Ou peut-être le Cinéma ONF, la Cinémathèque Québécoise, une salle du Quartier Latin...).

En terminant, j'ai une pensée aussi pour les quarante employés qui perdront leur emploi, certains des connaissances, d'autres d'anciens collègues. Bonne chance à vous tous.

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Frank 14/01/2009 17:06

À ce qui je sache, 7 personnes seulement perderont leur emploi et les nouveux médias y occuperont une place encore plus grande.

Votre texte ressemble à une réaction à chaud, émotive et sans trop d'analyse.

Daniel Racine 14/01/2009 20:34



Bonjour Frank et merci de votre commentaire.





Je suis d'accord avec vous, ma réaction était "à chaud, émotive" et cela, je l'assume complètement. C'est justement ce genre de réaction spontanée en provenance d'un passionné de cinéma auxquels
vous aurez droits sur mon blogue. Mais le "sans trop d'analyse" est faux. Je suis à même le milieu et mes sources, et vous pourrez vérifiez les vôtres, confirment que 40 emplois seront perdus. Et
si vous me lisez aujourd'hui http://cinemaquebecois.over-blog.com/article-26768068.html , vous remarquerez que
la poussière est retombée et que mon "analyse" est plus posée. 





Un blogue, c'est justement un espace de réactions, d'opinions et d'échanges. Continuons, c'est bien parti !

Sincèrement,

CQC 


Julien 13/01/2009 17:54

Triste nouvelle...

CQC 14/01/2009 00:35



Bonjour Julien,

oui, très triste nouvelle pour le cinéma québécois.

Merci de me suivre.

CQC